Accord sur le travail : plus de choix, pas plus de droits !
Une plus grande sécurité des salariés peut-elle aller de pair avec une plus une plus grande flexibilité pour les entreprises ? Et si finalement, les Français ne voulaient pas plus de droits, mais réclamaient un vrai choix?
Ce week-end a débuté avec la conclusion d’un accord sur le travail. Validé par trois des cinq syndicats et le patronat, et déjà salué par nos voisins Allemands et Anglais, il parait qu’il va révolutionner la France, le marché de l’emploi et supprimer le chômage ! Mais si pour le ministre du Travail, Michel Sapin, c’est un « grand ouf », qu’en est-il pour ceux qui seront, demain, les premiers concernés ? Je parle de ces salariés à qui l’on promet une plus grande sécurité. Comment peut-elle aller de pair avec une plus grande flexibilité pour les entreprises ?
La vraie sécurité ne serait-elle pas plutôt du côté de la liberté ? Celle de partir, de changer… Un rêve pour beaucoup. Un rêve… On préfère légiférer plutôt que de s’attaquer au fond du problème. Les plus de cinquante ans sont devenus une espèce protégée. Les plus jeunes doivent s’estimer heureux d’avoir du travail. Peut-on se réjouir d’un pays où les seniors n'osent plus rien, si ce n'est serrer les fesses et compter les années qui les séparent de la retraite ? Peut-on se satisfaire d’une jeunesse désabusée ? Il y a ceux qui se foutent de tout, et ceux qui veulent foutre le camp !
Mais la fuite est-elle une solution ? Aujourd’hui, on le sait, la retraite se finance difficilement. Et que fait-on quand on craint pour ses vieux jours ? On achète le toit qui est au-dessus de sa tête et on s’endette pour les vingt-cinq ans à venir ! Et sans y réfléchir, on s’emprisonne. Qui voudrait alors prendre le pari de tout plaquer, de dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas ? Qui prendrait le risque de répondre à ces patrons qui s’extasient de la fidélité de leurs salariés ? Qui ?
Alors finalement, que veut-il le salarié d’aujourd’hui ? Il ne veut pas plus de droits. Il veut plus de choix ! Il veut une alternative à l’adage qui résume désormais le monde du travail : "s’adapter, la fermer ou crever".