Au secours il neige à Paris !

Au secours il neige à Paris !

Si la neige qui est tombée ces derniers jours en a ravi certains, ce n'est pas le cas de tout le monde! Les perturbations causées par les intempéries ont rendu le quotidien parfois compliqué. Humeur d'une enneigée galère.

C'est beau la neige. Des flocons blancs qui tombent en abondance. Qui recouvrent les voitures, les rues, les places, les toits. C'est beau la neige. C'est même magnifique, un peu féérique quand les jardins et les squares deviennent les royaumes d'éphémères bonhommes de neige. Que les enfants courent dans les rues, insouciants, tirant la langue pour attraper un peu de cet or blanc.

C'est beau. Mais c'est chiant. Car il y a l'envers du décor de carte postale. La carte postale qui s'écorne déjà quand on se rend compte qu'autour de nous, pauvres citadins, il n'y a pas de sommets enneigés, de chalets en bois aux grands feux de cheminée, de restaurants où dévorer une tartiflette, de Saint-Bernard avec leur petit tonneau d'eau de vie, de marmottes à bonnet qui clament que "la montagne c'est génial!". Ce n'est pas les vacances non plus donc impossible pour les amateurs d'aller dévaler une piste et de profiter de la poudreuse, sauf si la butte Montmartre nous tente.

La neige, une image d'Épinal qui disparaît plus elle s'amoncelle. Il y a d'abord ces trottoirs qui deviennent des patinoires géantes, où nous tentons de faire les Bonaly ou Candeloro en échouant lamentablement. Des glissades où l'on finit souvent par maudire tous ces passants qui n'avaient rien de mieux à faire que de sortir et qui ont laissé se former une espèce de boue géante dans laquelle nos chaussures inadaptées se noient. Les passages piétons deviennent nos ennemis, les poteaux nos amis. On guette comme un redoutable danger les voitures qui approchent. Parce que bien sûr, par prudence, on a laissé la nôtre à la maison, surtout après la traumatisante expérience du retour où on a vu quelques scooters faire des embardées sur la glace, des voitures mal contrôlées faire des tête-à-queue, qu'on a parfois un peu patiné aussi et prié tous les saints existants pour que les feux soient toujours au vert à notre passage. Mais le lendemain, le surlendemain, la neige continuant à tomber n'a pas effrayé quelques automobilistes qui, inconscients pour certains, se sont crus en plein Trophée Andros, négligeant le danger. Les bus ne roulent plus, les trains non plus, mais eux sont bien au dessus de tout ça évidemment.

Pour les autres, il reste les transports en commun souterrains. Comme le métro. Ah ce cher métropolitain! Une chance de le redécouvrir pour ceux qui ne le prenaient plus depuis des années. Retrouvailles avec les musiciens à l'éternel "Temps des Fleurs", les visages déprimés ou trop heureux qui agacent, les commerçants qui veulent vous refiler leurs films piratés, leurs fruits et légumes ou leurs cagoules sorties en quelques minutes d'invisibles cartons. Émerveillement devant les nouvelles rames, les fauteuils plus confortables et les panneaux lumineux annonçant l'avancée du parcours. Un état de grâce qui ne dure cependant que quelques stations, jusqu'à ce qu'un flot de passagers vienne nous rappeler la réalité du quotidien. Et qu'écrasés contre la barre ou la porte du train on en vienne à vite souhaiter que les centimètres de neige qui ont recouvert notre voiture disparaissent. Quitte à retrouver les embouteillages et les coups de klaxon. C'est triste.

Pour les habitués de la marche à pied, le retour à la normale se fait aussi attendre. On se lasse de ces boulevards devenus parcours du combattant. On finit par ne plus supporter le bonheur de ceux croisés sur le chemin du travail qui n'ont pas à s'y rendre, et qui s'affrontent à coups de boules de neige ou écrivent leur nom sur les pare-brise des voitures immobilisées. Et cerise sur le gâteau, ou écharpe sur le bonhomme de neige, il y aura toujours un touriste qui s'extasiera bruyamment de la "snow in Paris, awesome and magic". Ces gens de passage qui font sourire au début, jusqu'à ce qu'on l'entende pour la vingtième fois. Alors oui la neige c'est beau. C'est beau en vacances, c'est beau en week-end. Et non, on ne se plaint pas pour rien nous les citadins. 2cm on gère, 4cm on ne gère plus beaucoup. 15cm, c'est l'apocalypse! Bon ok, la Norvège ou le Canada, on n'est pas prêts d'aller y vivre. C'est quand le printemps?