Ciné : c’est la rentrée

Ciné : c’est la rentrée

Retrouvez chaque semaine, la chronique de Marianne et Laurence consacrée aux sorties ciné. Le film à ne pas rater. Ou au contraire celui à ne pas aller voir… Elles font le tri pour vous.

Le cartable Pokemon du petit dernier, l’agenda du grand, l’inscription à la salle de gym… pas de doute c’est la rentrée. Au cinéma, la rentrée rime avec la fin des blockbusters et l’arrivée des films d’auteur ou oscarisables. Soyons francs. Pour cette première semaine de septembre, n'espérez pas une bonne tranche de rigolade.

Pour ceux qui aiment avoir peur, Délivre-nous du mal de Scott Derrickson est le polar horrifique de la semaine. Même si on est sûr que Edgar Ramirez (Cartel) et Eric Bana (Du sang et des larmes) se donnent du mal (ah-ah), parler du diable la semaine de la rentrée n’est clairement pas ce qu’il y a de plus affriolant. A part pour les fans de Marilyn Manson peut-être ?

Mêler du social avec du thriller c’est ce que tente de faire Serge Frydman avec Maintenant ou jamais. Ou comment une femme endettée (Leïla Bekhti) qui risque de perdre sa maison fait équipe avec un ténébreux voleur (Nicolas Duvauchelle) pour braquer une banque. A tenter après une énième relance de votre banquier.

Amateurs de films d’auteur déjantés, réjouissez-vous, Christophe Honoré est de retour avec Métamorphoses. Ou comment remettre Ovide au goût du jour. L’affiche est très belle mais l’ambiance rohmerienne peut en rebuter certains. Dans tous les cas, c’est l’expérience de la semaine.

Dernier vestige d’un été qui fait toujours la part belle aux films américains indépendants, Obvious Child est une dramédie sur les déboires amoureux d’une new-yorkaise trentenaire. Une de plus ? Non car certes les blagues sont parfois lourdingues mais on y parle aussi d'avortement. Quand je vous disais que cette rentrée ciné était un peu plombante.

Enfin si vous voulez attaquer cette nouvelle année avec un petit voyage en Inde, on vous conseille le Secret de Kanwar de Anup Singh. Dans une Inde post-coloniale, vous suivrez la folle histoire de Kanwar élevé comme un garçon par son père depuis toujours. Les choses vont se compliquées quand Kanwar va épouser Nelli. Forcément.

Le film de la semaine : Hippocrate réussit un sacré pari. Celui de réconcilier le cinéma réaliste français avec une fiction captivante. Dès les premières minutes, on sent que le réalisateur, Thomas Lilti, connaît bien son sujet. Les blouses tachées, les couloirs mornes de l’hôpital, l'humour noir... c'est sûr, seul un vrai médecin a pu écrire ça. Derrière ce décorum qui sonne tout le temps juste, Lilti dresse un portrait à la fois politique et humain de l'hôpital. Jeunes internes peu sûrs d'eux, médecins étrangers désabusés, manque de moyens, erreur médicale, euthanasie... tout y passe. Pourtant Hippocrate ne tombe jamais dans le travers du film à charge, car Lilti préfère l'émotion à la démonstration. Bravo.

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