Ciné : Rétro ou contemporain ?

Ciné : Rétro ou contemporain ?

Retrouvez chaque semaine, la chronique de Marianne et Laurence consacrée aux sorties ciné. Le film à ne pas rater. Ou au contraire celui à ne pas aller voir… Elles font le tri pour vous.

Cette semaine le cinéma voit double. D’un côté, il y a les films qui font la part belle à une époque désormais révolue et de l’autre des longs métrages résolument contemporains. Le plus dur sera de choisir.

On commence avec un voyage au cœur des années 60 avec le très attendu Jersey Boys signé Clint Eastwood. Boudé par le festival de Cannes qui lui aurait préféré The Homesman de Tommy Lee Jones, le film nous raconte l’ascension des Four Seasons. Un quatuor dans le vent qui berça l’Amérique avec quelques hits légendaires comme Big Girls Don’t Cry (Les Fans de Dirty Dancing apprécieront). Soporifique pour les uns et enivrant pour les autres.

Le scénariste de Drive, Hossein Animi, explore lui aussi les années 60 mais du côté européen. The Two Faces of January réinvente le thriller hitchcockien et œdipien avec une esthétique comme on n’en fait plus. Délicieusement démodé.

Parce que il n’y a pas que le foot dans la vie, les Espagnols pourront se consoler avec du bon cinéma. Le documentaire Con la pata quebrada signé Diego Galán s’interroge sur la place de la femme dans le cinéma espagnol, des années 30 à nos jours. Une épopée à la fois féministe et cinéphile.

Même si les histoires de Robert Guédiguian se déroulent le plus souvent à notre époque, il se dégage toujours de ses films un charme légèrement suranné. Comme si le temps s’était figé du côté de la canebière. Au fil d’Ariane, son dernier opus, n’échappe à pas cette règle. Même si cette fois, le cinéaste préfère l’espoir à la mélancolie.

Du côté des cinéastes qui tentent de saisir leur époque on trouve Panos H. Koutras. Avec Xenia, il suit deux ados parti à la recherche d’un père qu’ils n’ont jamais connu. Il est question aussi d’homosexualité, de cité grecque moderne et de lapin blanc. Ne me demandez pas pourquoi.

Dans Triple Alliance, Nick Cassavetes (fils de) s’intéresse à un sujet éminemment contemporain : les maris polygames. Dans cette comédie vaguement féministe, trois blondes s’associent pour faire payer le mâle indélicat. Après les tyrans et les dragons de Game of Thrones, Nikolaj Coster-Waldeau devra affronter des harpies.

Le film désuet de la semaine : Vous êtes fan d’Alfred Hitchcock ? Vous avez-vu en boucle Plein Soleil de René Clément et le Talentueux Mister Ripley d’Anthony Minghella ? The Two Faces of January de Hossein Amini est fait pour vous. Cette adaptation du roman de Patricia Highsmith nous fait le coup du thriller à l’ancienne, ultra référencé et nageant dans un symbolisme que Freud aurait adoré. Pas franchement original ? Peut-être mais c’est absolument charmant. Et puis, il y a Viggo Mortensen, Kirsten Dunst et Oscar Isaac.

L’info « comment faire du neuf avec du vieux » du jour : Ceci n’est pas une défaillance de votre téléviseur… Qui ne se souvient pas de cette phrase qui servait d’introduction à la série Au-delà du réel ? Si cette série est moins célèbre que sa grande sœur la Quatrième dimension, elle n’en est pas moins terrifiante. En pleine crise d’inspiration, Hollywood a décidé de donner une nouvelle vie à ce programme en développant un projet d’adaptation ciné. La MGM, studio mythique, a chargé Scott Derrickson (spécialiste des films d’horreur) et Robert Cargill de plancher sur le projet. Cette version ciné reprendrait la trame de l’épisode nommé la Main de Verre. Dans l’histoire originale, un homme tentait de repousser une invasion alien sur une terre où tous les humains semblaient avoir disparu. Au-delà du réel sera donc un film de science-fiction pure.

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