Ciné : Tous aux abris !
Retrouvez chaque semaine, la chronique de Marianne et Laurence consacrée aux sorties ciné. Le film à ne pas rater. Ou au contraire celui à ne pas aller voir… Elles font le tri pour vous.
Cette semaine, les catastrophes s’enchaînent sur vos écrans. Terrorisme aérien, réunion familiale corsée ou malade chronique… la vie est dure pour les héros de cinéma.
Dans la série « Y a-t-il un psychopathe dans l’avion ? », je demande Non-Stop avec Liam Neeson et Julianne Moore. Le réalisateur espagnol Jaume Collet-Serra tente de remettre au goût du jour le film de catastrophe aérienne. Va-t-il y arriver ?
Danny Boon incarne lui-même une catastrophe ambulante dans son nouveau film Supercondriaque. Ce mastodonte hexagonal ravira les fans du Ch’ti, les critiques crient, elles, au navet. Choisissez votre camp.
Même le fantaisiste Wes Anderson met ses personnages à rude épreuve dans The Grand Budapest Hotel. Ils y affrontent un tueur à gages redoutable, une famille cupide et des militaires nationalistes.
Dans Un été à Osage County deJohn Wells, la mort du patriarche est l’occasion d’une « joyeuse » réunion familiale. Julia Roberts, Meryl Streep, Ewan McGregor et Benedict Cumberbatch composent cette fratrie dysfonctionnelle. Crises de larmes et hystérie collective sont à prévoir.
On reste en famille avec Week-ends, d’Anne Villacèque. Dans cette comédie dramatique, la vie de Karin Viard s’effondre quand son mari Jacques Gamblin la quitte. Aie ! Celle de leurs meilleurs amis pourrait bien en souffrir aussi.
Les plantigrades, héros de Terre des Ours, de Guillaume Vincent, sont à des années-lumière de ces considérations métaphysiques. Ils se contentent de survivre dans les conditions pas toujours faciles de l’extrême-orient russe. C’est beau et c’est Marion Cotillard qui se prête au jeu de la voix off.
Vous espérez échapper à cette litanie de catastrophes en allant voir le Sens de l’humour, de Maryline Canto ? Malheureusement il y est question d’une veuve qui tente de refaire sa vie. Et c’est compliqué. Forcément.
Le film coup de cœur de la semaine : Wes Anderson est un poète. Avec The Grand Budapest Hotel, ce rêveur met son univers chimérique et burlesque au service d’une histoirerocambolesque. Entre Tintin, Agatha Christie et Stefan Zweig, les folles aventures de ce concierge d’un grand hôtel et son lobby boy sont particulièrement enthousiasmantes. Drôle, rythmé, cynique et doté d’une beauté plastique unique, ce long métrage est une réussite totale. A ne pas manquer…
La série B claustrophobique de la semaine : Non-Stop, de Jaume Collet-Serra, un cocktail dont la recette est simplissime. Enfermez dans un avion un tiers de suspens, un tiers de catastrophe, un tiers d’action virile. Secouez en haute altitude. Ajoutez un bon trait de charme Neeson/Moore et un zest d’Harlequinade. Idéal pour un dimanche soir.
L’info capitale du jour : Ce soir, la « famille » du cinéma français se réunit au théâtre du Châtelet pour la grande messe annuelle : les Césars. Si la Vie d’Adèle, d’Abdelatif Kechiche et Guillaume et les Garçons à table !, du trublion Guillaume Gallienne font partie de nos favoris, le très bel Inconnu du lac, d’Alain Guiraudie pourrait bien créer la surprise.
Du côté du meilleur espoir féminin, on ne voit pas comment le César pourrait échapper à la céleste Adèle Exarchopoulos. Pour sa partenaire Léa Seydoux, le combat risque d’être plus ardu face à Bérénice Béjo dans le Passé (lauréate du prix d’interprétation à Cannes) et Sarah Forestier dans Suzanne. Pour ces messieurs, le débat sera encore plus ouvert. Notre cœur balance entre Guillaume Gallienne et Mads Mikkelsen (Michael Kohlhaas).
Concernant le César du meilleur réalisateur, on verrait bien triompher Albert Dupontel (9 mois ferme) ou Arnaud Déplechin (Jimmy P.). Enfin, il est fort probable que le César du meilleur film étranger sera décerné à Quentin Tarentino pour son Django Unchained. Il n’y a guère que Gravity ou Alabama Monroe qui pourraient venir jouer les trouble-fête.
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