Deux journalistes de RFI tués au Mali

Deux journalistes de RFI tués au Mali

Ghislaine Dupont et Claude Verlon, en reportage à Kidal, ont été enlevés puis tués par balles samedi. Un prix de l'information bien trop lourd.

Deux des nôtres sont tombés. C'est une nouvelle toujours aussi difficile à apprendre et qui rappelle qu'en ce moment, la famille des journalistes français paye un lourd tribut. Car si la liberté d'informer existe, quel est son prix ? Didier François, Edouard Elias, Nicolas Hénin, Pierre Torres sont otages en Syrie. Là où Olivier Voisin et Yves Debay ont été tués en janvier dernier. Cette fois, ce sont Ghislaine Dupont et Claude Verlon qui viennent de perdre la vie, enlevés puis tués samedi par un groupe armé. Victimes de plusieurs balles alors qu'ils étaient sur le terrain comme depuis des années en Afrique dont ils étaient des spécialistes.

Bien sûr, ces exécutions, car ne sont pas autre chose, font surgir de nombreuses réactions. La tristesse. La colère aussi qui va de se demander comment une telle barbarie est possible à l'opportunité et l'impact de l'opération Serval au Mali. Il y a également la colère face aux railleries et accusations du genre que "faisaient-ils là alors que la zone était dangereuse et que les militaires français avaient refusé de les conduire ?". Des opinions si faciles derrière un écran de la part d'anonymes qui devraient s'essayer au journalisme tant ce métier semble aisé et privilégié à en croire certains commentaires.

Que faisaient-ils à Kidal ? Aller chercher l'information à la source, pour donner la parole à tous. Des reporters à qui les mêmes anonymes ne pourraient reprocher une information tronquée ou orientée. Liront-ils d'ailleurs qu'aucun risque inconsidéré n'a été pris par ces professionnels reconnus ?

Bien sûr comme dans une famille, il y a des différences, des points de vue qui s'opposent. Des fonctionnaires, des rêveurs, des planqués, des passionnés et des guerriers. Mais comme toute famille, quand deux de ses membres tombent, c'est le silence qui s'impose. Et le respect.

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