Dissolution et déclarations : le Pays basque en émoi
Période chaotique pour le Pays basque ces derniers jours. Le parti d'extrême gauche indépendantiste Batasuna annonce sa dissolution. Aurore Martin, la militante basque arrêtée en France avant d'être transférée en Espagne, s'en prend au gouvernement français. L'occasion de tester, aujourd’hui, vos connaissances politiques basques.
Le parti nationaliste basque Batasuna, considéré comme la vitrine politique de l'ETA, a annoncé jeudi dernier sa dissolution, une décision qui s’applique en Espagne comme en France. Et c'est d'ailleurs ce choix stratégique d'être présent des deux côtés des Pyrénées et la volonté de « casser les frontières » qui a toujours provoqué « la colère des États français et espagnols », selon les porte-parole du mouvement. Mais que ces derniers ne se réjouissent pas trop vite car « ce n’est pas la fin de notre lutte », ont-ils poursuivi. Une dissolution qui n'a rien à voir avec l’arrestation en France et l’emprisonnement en Espagne d’Aurore Martin, et qui résulte, toujours selon les porte-parole de Batasuna, « d’une réflexion à long terme ».
De son côté, Aurore Martin est sorti de son silence, ce lundi, pour la première fois depuis sa libération sous caution, le 22 décembre dernier, après 52 jours de prison. Cette militante française avait été arrêtée, aux termes d’un mandat d’arrêt européen, pour participation à des réunions de Batasuna en Espagne, alors que le parti y est interdit depuis plus de neuf ans. Seul hic, elle a été interpellée sur le territoire français pour des faits non poursuivis dans notre pays, puisque la France, elle, n'a jamais interdit le parti indépendantiste.
Cette arrestation avait été alors vivement critiquée au Pays basque, mobilisant l'opinion publique comme la classe politique. François Hollande avait dû même démentir toute intervention gouvernementale. Et aux attaques, notamment du Parti communiste qui évoquait une «honte» et un «mensonge d’État », le ministre de l'Intérieur Manuel Valls avait rétorqué : «je ne vais pas m'excuser qu'une décision de justice soit appliquée». Bref, le ton était donné ! Mais c'était sans compter sur Aurore Martin qui remet donc de l'huile sur le feu en déclarant ce lundi à l'AFP qu'elle voit dans son arrestation « la main de Valls et au-delà de Valls la main du gouvernement », et qu'il s'agit « d'un fort signe pour nous faire comprendre qu'au Pays basque nord nous n'aurons rien ».
Et vous, que savez-vous du Pays basque, de Batasuna et de l'ETA ? Testez vos connaissances politiques en sept questions.