Fête du cinéma...et des incivilités ?
La 29e édition de la Fête du Cinéma commence dimanche prochain, jusqu'au 3 juillet. Quelques jours très attendus par les salles qui espèrent faire le plein de spectateurs. Un public pas forcément sage comme une image.
Avec une baisse de la fréquentation des salles de 7% depuis le début de l'année, inutile de dire que les responsables attendent beaucoup de cette édition 2013 de la Fête du Cinéma. Du dimanche 30 juin au mercredi 3 juillet, ce sont des millions de tickets qui vont être vendus pour des dizaines de films à l'affiche. Et il y a du changement cette année : le prix de 3,50 euros est appliqué dès la première place, pas besoin de payer plein tarif avant de se voir délivrer un pass. Une initiative qui devrait pousser le public à profiter des salles obscures, surtout quand on connaît le prix actuel d'une place sans réduction. Mais si la foule est une bonne nouvelle pour les professionnels, elle ne l'est pas forcément pour tout le monde. Car bien souvent au cinéma, le spectacle est autant dans la salle que sur le grand écran.
Qui n'a pas déjà vécu une séance où tout semble se liguer pour vous empêcher de profiter tranquillement de votre film ? Les exemples sont nombreux. Il y a d'abord le spectateur qui arrive juste au moment où le générique de début commence mais qui, au lieu de s'asseoir rapidement où il peut, scanne la salle pour obtenir la meilleure place. Au bout de quelques secondes, son choix va forcément se poser sur le fauteuil qui restera au milieu de votre rangée. Tant pis s'il faut faire se lever les huit personnes qui sont déjà confortablement assises. Estimez-vous contents s'il ne vous écrase pas un orteil en passant. Il y a ensuite celui ou celle qui s'installe comme s'il se trouvait dans son propre salon, avec en option soit la réquisition des deux accoudoirs et tant pis pour le voisin qui doit se recroqueviller de l'autre côté, soit un jeté de jambes chaussures incluses sur le fauteuil de devant. Si cette catégorie a en plus moins de 15 ans, qu'ils sont en groupe, un conseil : fuyez quelques rangs plus loin ! Car certains, et pas seulement les jeunes -on leur accordera ça-, vont aussi trouver la salle trop peu éclairée donc se chargeront régulièrement de la sortir de l'obscurité par les flashs des écrans de leurs téléphones portables. Dans ce cas de figure, estimez-vous heureux que ces portables ne se mettent pas en plus à sonner et que le propriétaire prenne l'appel, sans aucune gêne.
On passera sur les commentaires faits à voix haute, les coups de pieds dans les sièges, sur celui ou celle mesurant 2 mètres qui se placera juste devant vous alors que la salle est à moitié vide. Mais impossible de ne pas citer le dernier exemple : celui du pop corn ! Oui, ce fameux "crunch crunch" qui s'ajoute à la bande-son, et surtout le "gratt-gratt" insupportable du mangeur qui va piocher tellement loin dans son pot qu'on se demande s'il ne pourrait pas y trouver du pétrole. Hélas quand on sait que la vente de ces confiseries représente jusqu'à 40% du chiffre d'affaire des enseignes, le maïs soufflé a encore de beaux jours devant lui. Et puis au fond, il ne faudrait pas en priver ceux qui savent rester discrets.
"Il y a toujours un cinéma proche de vos émotions", dit le slogan de cette 29ème Fête du Cinéma. Et vu ce qu'on vit au cours de certaines séances, c'est certain qu'il y en a des émotions avec le 7ème art.