Grève SNCF : 7ème jour de galère pour les usagers

Grève SNCF : 7ème jour de galère pour les usagers

Une semaine de grève des transports et les clients SNCF commencent à perdre patience. Dur dans ces conditions pour les cheminots de faire comprendre leur mouvement.

La décision de poursuivre ce mardi le mouvement de grève, lancé par Sud-Rail la CGT Cheminots la semaine dernière, n'a pas été une vraie surprise. C'est justement aujourd'hui que la fameuse réforme ferroviaire décriée arrive devant l'Assemblée Nationale.

Mais si la mobilisation serait en baisse, avec lundi un peu plus de 14% de grévistes, une autre colère gronde : celle des usagers, lassés par des jours de galère dans les transports, surtout en Ile de France. "Principe de la grève SNCF : nous sommes énervés contre nos patrons donc nous embêtons nos clients", constatait amèrement un internaute. "Est-ce bien démocratique de laisser seulement 14% de grévistes au sein de la SNCF emmerder tout un pays ? Je dis reprise imposée", s'insurge Stéphane Meignat sur Twitter. "Je suis dans un train bondé, dans un wagon sans climatisation. Le rêve...", décrivait de son côté David dans la journée. "Sixième jour de grève à la #SNCF pour des raisons que même les cheminots ont du mal à comprendre... #onestlechampions ", ironise encore le journaliste Jean-Michel Apathie.

Dans tout cela, les cheminots ont parfois bien du mal à faire entendre leurs voix et expliquer les motifs de leur mobilisation. Ce qu'a pourtant fait Sylvain Bouard, gréviste, sur son blog. Des explications claires, relayées par de nombreux internautes comme Magali Lesauvage ?@MagLesauvage 5 min , accompagné d'un "Pour comprendre la grève au lieu d'insulter bêtement les cheminots". Autre soutien, Jean-Louis : "Les cheminots font grève aujourd'hui pour assurer la sécurité ferroviaire, éviter les accidents comme Brétigny et St-Médard !"

Et dans la cacophonie, les politiques ont aussi donné de la voix. A l'UMP, personne n'a semble-t-il pris la peine d'oeuvrer pour une position commune. Ainsi Luc Chatel, nouveau secrétaire général, réclamait le retrait de la réforme pendant que Xavier Bertrand estimait que même si "ce n'est pas un texte parfait" il ne "voterai pas contre". L'ancien Premier ministre François Fillon dénonçait une "improvisation" de l'exécutif avant de dénoncer sur Twitter "un corporatisme archaïque qui méprise l'avenir de ces jeunes lycéens" qui passent les épreuves du baccalauréat.

Du côté du gouvernement, c'est clair : il n'y aura pas de retrait. Le Premier ministre Manuel Valls a fustigé hier "une grève qui n'est pas responsable dans la situation du pays" et dont "personne ne comprend le sens".

Mais le coût de la grève, lui, a bien été enregistré : 80 millions d'euros pour l'instant selon le président de la SNCF Guillaume Pepy, ce qui en fait la mobilisation la plus coûteuse depuis 2001.

La somme comprend une "indemnisation exceptionnelle" pour les abonnés, prévue en juillet. Et dire que tous râlent ne serait pas tout à fait exact. Certains le prenaient plutôt avec philosophie et humour comme Amy : "Grâce à la grève SNCF, je vais pouvoir regarder le dernier GoT au lieu de la semaine prochaine". Comme quoi, il n'y a pas que des malheureux.