La petite histoire du mythique téléphone rouge
Mis en place depuis 50 ans, le téléphone rouge assurant une liaison directe entre Washington et Moscou a été source d’innombrables fantasmes. Mais à quoi ressemble-t-il réellement ? Et sert-il vraiment ?
C’est certainement la ligne téléphonique la plus connue au monde ! Et en ces temps de tensions diplomatiques entre la Russie et les États-Unis sur le dossier syrien, chacun imagine volontiers Barack Obama et Vladimir Poutine pendus au téléphone… Rouge !
Détrompez-vous ! Il n’y a jamais eu de téléphone. A l’origine, c’est un téléscripteur qui a été installé en 1963. Il permettait la transmission de messages écrits, et bien évidement codés, entre le Kremlin et le Pentagone. Et le comble, c’est que l’appareil n’était même pas rouge. En 1985, évolution technologique oblige, un fax a complété le dispositif. Mais le pire restait à venir. Depuis 2008, le téléphone rouge a été remplacé par l’e-mail… Presque décevant !
Mais au fait, pourquoi cette liaison directe entre Washington et Moscou a-t-elle été mise en place ? Pour prévenir les crises et éviter qu'elles ne deviennent des conflits. En plus clair, pour éviter la fin du monde. Ce qui a bien failli arriver quelques mois plus tôt avec la crise des missiles de Cuba (quand la Russie a pointé des missiles vers les États-Unis depuis l'île de Cuba, que l’Oncle Sam n’a pas vraiment apprécié, et que le monde a craint un conflit nucléaire). En permettant aux deux grandes puissances de pouvoir communiquer directement, le "téléphone rouge" devait permettre de désamorcer les problèmes en amont.
Que disait le tout premier message échangé sur ce téléphone rouge ? "Le rapide renard brun a sauté par-dessus le chien paresseux". Rassurez-vous, John Kennedy et Nikita Khrouchtchev étaient en pleine possession de leurs moyens. Il s’agissait en fait d’un test pour vérifier le bon fonctionnement de la transmission. Cette phrase farfelue permettait, en anglais, d’utiliser tous les caractères de l'alphabet latin.