Le FN en tête aux européennes : la faute à qui ?

Le FN en tête aux européennes : la faute à qui ?

Le Front National est arrivé en tête ce dimanche des élections européennes. 25% pour l'extrême droite qui bouleversent l'échiquier politique.

Il y a comme une impression de déjà-vu. Ce choc, cette gifle quand les estimations tombent enfin. Combien disaient en 2002 que cela n'arriverait plus jamais ? Que le sentiment vécu lors de la qualification de Jean-Marie Le Pen pour le deuxième tour de la présidentielle ne reviendrait pas car les français avaient retenu la leçon ? Les signes étaient pourtant là. La colère, le ressentiment, la recherche d'un responsable à une crise qui ne touche pas forcément mais qui inquiète.

N'applaudissons pas les 25% du Front National, qui termine pour la première fois en tête d'une élection nationale. S'il faut tout de même reconnaître la capacité de ce parti à avoir su mobiliser ses électeurs et faire sienne cette élection européenne, ce sont les autres partis qu'il faut blâmer. Parce qu'ils n'ont pas su donner de solution, ni donner un minimum d'espoir. Comme à chaque fois, pour la grande majorité des électeurs qui ont glissé un bulletin Front National dans l'urne, ce n'est pas un vote d'adhésion mais un vote de sanction. De ras-le-bol, de déception. Cela ne veut pas dire que la France est raciste ni complètement hostile à l'Europe. Mais que les français n'y croient plus et que le discours politique simplifié, nourri de raccourcis du FN a trouvé chez eux un écho.

Hier soir, derrière Marine Le Pen qui parlait de "marche de la liberté pour retrouver la souveraineté" et demandait une dissolution de l'Assemblée, le Front National avait été réactif avec des affiches toutes fraîches, s'autoproclamant "Premier Parti de France". Non ce n'est pas ça. Pas encore. Heureusement, il reste un temps de réaction. Mais cela pourrait se produire si la classe politique ne se décide pas enfin à réagir, à arrêter de se renvoyer la balle d'une amère défaite. Le sursaut républicain que beaucoup appellent de leurs vœux doit désormais se mettre en marche sans perdre une seconde. Une ambition commune de relever notre pays doit être le moteur d'ici 2017.

Il faut regarder la réalité en face et ne pas non plus nier ce qui a été exprimé lors des derniers scrutins, comme le danger d'une Europe qui s'extrémise. Car les français ont montré leur volonté de fermer une porte en plaçant le Front National en tête. Mais pour ouvrir laquelle ?

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