Libé en danger : bientôt la fin ?

Libé en danger : bientôt la fin ?

Le quotidien Libération est dans une mauvaise passe. Avec un nouveau plan dévoilé vendredi dernier par les actionnaires, les salariés se mobilisent pour sauver "leur" journal.

Ça sent le sapin pour Libération. Le conflit dure depuis trois mois au sein du journal, peu nombreux sont ceux qui y prêtent attention, mais la belle aventure du quotidien a plutôt désormais des allures de Titanic. On imagine mal la disparition d'un titre mythique qui a plus de quarante ans mais hélas, la situation est problématique.

La Une parue ce week-end explique bien le malaise qui a gagné l'équipe de la rue Béranger. "Nous sommes un journal, pas un restaurant, pas un réseau social, pas un plateau télé, pas un bar, pas un incubateur de start-up...", se sont publiquement indignés les 250 salariés face au projet des actionnaires. Car ils l'ont pris en pleine face vendredi, alors que les tensions semblaient s'apaiser. Les propriétaires du journal de gauche ont ainsi décider de transformer le siège en espace culturel et de développer une marque "Libération", une stratégie qui doit selon eux éviter la faillite.

Il est certain qu'avec des comptes dans le rouge, des ventes en chute libre, Libération doit se repenser. Si les lecteurs sont partis, il serait facile de ne retenir que le mal qu'on fait les journaux gratuits à la presse payante. Bien sûr que c'est à prendre en compte, comme les mutations inévitables à l'heure du numérique et des réseaux sociaux qui donnent l'info immédiatement. Mais on peut tout de même s'interroger sur l'intérêt de faire un "Flore du XXIème siècle" comme cela a été présenté. "Libération sans Libération" ? La question est posée par les salariés qui imaginent déjà un Libéland ou un Libémarket.

Aujourd'hui ces derniers vont décider de la suite du mouvement et d'un éventuel durcissement de leur protestation. La résistance avant la libération ? Ou la liquidation ?