#Mot-Dièse : bémol sur le hashtag !
Les adeptes de Twitter ont cru s'étrangler de rire cette semaine quand ils ont appris qu'il ne faudrait plus dire hashtag mais...mot-dièse! Bien souvent, des mots anglais trouvent d'étranges équivalents français. Mais qui est derrière ces trouvailles lexicales? Weekly vous explique tout.
"Arme de Défense à Balles Souples" au lieu de Flashball. "Émission-débat" pour Talkshow. "Cybercaméra" pour Webcam. "Mimoclip" pour Lipdub. "Syndrome d'épuisement professionnel" pour Burn-out. Et le dernier qui a le plus fait réagir après sa publication au Journal Officiel du 23 janvier: "Mot-dièse" en lieu et place de Hashtag, qui permet de faire comprendre par des mots clefs écrits après un petit croisillon quel sujet est abordé dans un message. Exemple des plus utilisés ces dernières heures: #florencecassez, #mexique.
Beaucoup se sont demandés de quels cerveaux était sortie cette dernière trouvaille.
Et bien des cerveaux, il y en a plusieurs. Regroupés depuis un décret du 3 juillet 1996 au sein d'une seule entité: la commission générale de terminologie et de néologie. C'est à cette dernière qu'incombe donc le rôle "de favoriser l'enrichissement la langue française", selon la présentation qui en est faite: traduire un terme anglophone trop employé, trouver un mot inexistant pour qualifier une activité...
Placée sous l'autorité du Premier ministre, renouvelée tous les quatre ans, la commission générale est composée de quinze membres dont des académiciens, des professeurs d'universités, le président de l'association française de normalisation, le délégué général à la langue française et aux langues de France. Ce sont ces derniers qui reçoivent les propositions formulées par des commissions spécialisées présentes au sein de chaque ministère, elles-mêmes composées de bénévoles chargés d'observer et lister les termes qui auraient besoin d'une traduction administrative. Une fois ces propositions faites, la commission générale de de terminologie et de néologie demande validation à l'Académie Française. Si le feu vert est donné, les nouveaux termes finissent par être publiés au Journal Officiel, sauf si le ministre dont le domaine est concerné s'y oppose. C'est avec cette publication au JO que l'utilisation de ces mots devient obligatoire, non pas pour les particuliers mais pour les services de l'État et les établissements publics.
Chaque année, des dizaines de mots sont ainsi trouvés dans tous les secteurs comme l'audiovisuel, l'informatique, la culture, l'environnement, le tourisme... Tout cela dans l'ignorance du grand public. Jusqu'à ce que certains de ces termes, comme ce fameux "mot-dièse" sortent du lot. Et font "gazouiller" les réseaux sociaux.