Petite histoire du sapin de Noël
Naturel ou artificiel, la plupart des maisons vont s'orner d'un sapin pour les fêtes de fin d'année. Il s'en vend en France plus de six millions durant cette période. Mais d'où vient justement cette tradition ? La réponse avec Weekly !
Mon beau sapin, roi des forêts...mais d'où viens-tu ? Cela pourrait être la fin de ce chant traditionnel. Mais difficile d'apporter une réponse précise tant les suppositions et légendes donnent de multiples versions.
Comme bien souvent, une des origines du sapin de Noël serait païenne. Les peuples germaniques célébraient fin décembre «la fête de Yule», le solstice d'hiver. Un retour progressif du soleil comme une renaissance et pour fêter ce moment, on décorait alors un des seuls arbres qui n'avaient pas perdu toute sa parure, symbole de grande résistance. Il s'agissait évidemment du sapin et il n'était pas rare d'y retrouver accrochés aux branches du blé, des fleurs, des fruits...
Il se dit aussi qu'une plus ancienne tradition pour ces fêtes de Yule étaient, pour les Vikings, de suspendre aux branches des sapins des animaux morts ou des cadavres humains. Loin de l'esprit de Noël n'est-ce pas ?
Autre légende, qui montre bien la récupération chrétienne de cette fête païenne : celle de Saint Boniface qui, au VIIème siècle, aurait voulu évangéliser les populations germaniques. Et pour éviter qu'elles ne vénèrent un chêne, il aurait coupé l'arbre qui en tombant a tout détruit sauf...un sapin, ce dont il s'est servi pour symboliser la force divine et la trinité de par sa forme triangulaire. On évoque aussi parfois Saint Colomban, au VIème siècle, qui aurait attiré les foules au sommet d'une montagne grâce à un sapin illuminé de bougies, pour leur raconter l'histoire de la naissance de Jésus.
Les années et siècles suivants, la tradition s'est développée en Allemagne et en Alsace voisine. Chaque année, fin décembre, le sapin était dans le décor de représentations sur l'histoire de la nativité, le fameux «Mystère de Noël». On y accrochait alors des pommes rouges, symbole du fruit défendu et parfois des hosties aussi, signe de rédemption. Des bougies étaient parfois allumées, ou de l'huile dans des coques de noix, mais cela revient souvent trop cher.
Pour que les sapins se généralisent vraiment et deviennent l'arbre de Noël des familles, il faut attendre le XVIème siècle. En France, c'est à Sélestat, en Alsace, qu'il est fait pour la première fois mention du sapin dans un livre municipal de 1521. Si les maisons ne peuvent parfois pas accueillir tout un arbre, ce sont des branches qui sont disposées dans les demeures.
Une autre date marquante : 1738. C'est cette année là que Marie Leszczynska, l'épouse polonaise de Louis XV fait venir au château de Versailles un grand sapin décoré. En 1837, c'est aux Tuileries qu'il s'installe, selon la volonté d'Hélène de Mecklembourg, belle-fille du roi Louis-Philippe.
Sur les branches des sapins, on retrouve toujours des fruits, des gâteaux, des fleurs en papier. Les pommes sont de plus en plus remplacées par des boules brillantes. La première boule soufflée en verre aurait d'ailleurs été inventée en 1858 par un artisan de Moselle.
C'est quelques années plus tard, en 1870, alors que la guerre franco-allemande éclate, que beaucoup d'alsaciens et lorrains migrent un peu partout en France. Dans leurs valises, la tradition de l'arbre de Noël est bien présente et séduit toutes les régions.
Aujourd'hui, la coutume est définitivement adoptée. Et au sommet brille, signe complètement religieux, une étoile comme celle suivie par les Rois Mages.