Qui a inventé le soutien-gorge ?

Qui a inventé le soutien-gorge ?

Strophium, brassière, corset, gorgerette ou "Bien-être"… Si la version moderne du soutien-gorge date du XIXe siècle, les premiers dispositifs remontent eux, à l’antiquité.

Cette semaine, on a beaucoup parlé de soutien-gorge. Pourquoi ? Parce qu’un docteur de l’hôpital de Besançon, Jean-Denis Rouillon, a présenté les premiers résultats de son étude sur l’utilité de cette pièce de lingerie. Alors est-il vraiment indispensable ? A en croire le médecin, le soutien-gorge ne serait pas très efficace pour lutter contre les lois de l’apesanteur. Pire, les femmes qui s’en passent voient "le mamelon remonter en moyenne de 7 millimètres en un an par rapport à l'épaule", et constatent que "les seins se raffermissent et que les vergetures s'estompent". Alors, brûlons nos soutifs ! Mais au fait, qui a inventé le soutien-gorge ?

Les femmes ont toujours utilisé des dispositifs pour soutenir leur poitrine. Dès l’antiquité, les romaines avaient ainsi coutume de porter un accessoire connus sous le nom de "strophium", ancêtre lointain de notre soutien-gorge. Il s’agissait de bandes de tissu qu’elles enroulaient autour leurs seins pour les maintenir. Il faut attendre la fin du XIXe siècle, pour trouver l’origine de la forme que l’on connait aujourd’hui. Et on la doit à une Française, Hermine Cadolle, qui eut la bonne idée de couper un corset juste sous les seins pour libérer le ventre et la taille. Appelé "Bien-être", son modèle fut présenté lors de l'exposition universelle de Paris en 1889. Le premier brevet déposé, lui, est américain et date de 1913 lorsque Mary Phelps Jacob met au point sa "brassière". De l’autre côté de l’Atlantique, le terme "soutien-gorge" a déjà fait son apparition dans le Larousse depuis 1904 !

Pourtant, ces premières innovations passent assez inaperçues aux yeux du public et le soutien-gorge ne connaîtra un véritable essor qu'à la fin des années 1920. Et encore… Ce n’est que dans les années 1930, que les différentes tailles de bonnets (A à D au départ) voient le jour. Bretelles, matériaux, armatures et formes… Les innovations ne font ensuite que se succéder. Jusqu’à la révolution sexuelle des années 1970, où le soutien-gorge est brûlé sur la place publique.

Dernière précision, le soutien-gorge s’appelle ainsi car à l’époque de sa création, on ne parlait pas de la poitrine de ces dames, mais de leur "gorge" pour parler de leurs seins. Beaucoup plus correct ! Et pour ceux qui se demandent alors pourquoi les armatures s’appellent des baleines, et bien c’est tout simplement parce qu’au départ elles étaient réalisées avec… des fanons de baleine !