Richard III : l'ADN a parlé. L'Histoire va-t-elle changer ?
C'est bien le squelette du dernier roi de la lignée des Plantagenêts, Richard III, qui a été retrouvé sous un parking de Leicester, en Angleterre, à la fin de l'été dernier. Il a été identifié, hier, mettant fin à plus de trois ans de suspens ! Et à cinq siècles de mystère.
Il était une fois un roi méchant, ambitieux et cruel. Un monstre qui assassinat ses deux neveux pour s'emparer du trône et complota tout au long de son règne... qui dura deux ans ! Mais qu'a-t-il donc fait de si terrible ce Richard III pour marquer aussi funestement l’histoire ? Il a perdu ! Et rien n’est plus vrai que l’adage : "l’Histoire est écrite par les vainqueurs". Même si dans le cas de notre roi anglais, la vérité a visiblement été quelque peu arrangée. Et si cinq siècles après sa mort, la découverte de son squelette permettait de rétablir certaines choses ?
C'est officiel depuis hier : le squelette retrouvé à la fin de l'été dernier sous un parking de la petite ville anglaise de Leicester est bien celui du dernier roi de la lignée des Plantagenêts, mort en 1485. Annoncée en grandes pompes lors d'une conférence de presse, cette nouvelle met fin à plus de trois années d'enquête. Pour ne pas dire de quête ! Celle du "lost king", le "roi perdu".
Historiens et archéologues ont travaillé longtemps pour découvrir l'emplacement de l'ancienne église où la dépouille du roi aurait pu être enterrée. Démoli sous le règne d'Henri VIII, l'édifice a été difficile à localiser. Et pour corser le tout, un parking recouvrait l’hypothétique lieu de sépulture. Heureusement, les autorités de la ville ont donné leur accord pour tout casser et fouiller le sous-sol. Et les experts avaient vu juste ! Ils y ont trouvé un squelette très bien conservé, qu'il ne restait plus qu'à identifier.
Mais comment peuvent-ils, tous bons experts qu'ils sont, certifier qu'il s'agit des os de Richard III ? D'abord, l'équipe scientifique a procédé à une datation au carbone 14 pour déterminer l'âge du squelette. D'autres spécialistes, en armes et en blessures, ont trouvé des concordances sur les trous du crâne et les récits de la mort violente du roi. Enfin, un test ADN a levé les derniers doutes. Et c'est peut-être là le plus fou de toute cette histoire ! Plus de cinq siècles après la disparition de Richard III, des recherches poussées ont permis l’incroyable : une comparaison du code génétique réalisée sur un lointain descendant, le 17e arrière-petit-neveu de la sœur aînée du roi. Et l’ADN a parlé. Le "roi perdu" ne l’est plus.
Cette identification permet d'abord de faire taire une vieille rumeur qui laissait entendre que le corps du roi avait été jeté dans la rivière. Ensuite, et surtout, elle devrait redorer l'image du dernier Plantagenêt. C'est en tout cas ce qu'espèrent les historiens.
Revenons à 1485. Richard III perd la bataille de Bosworth qui met fin à la Guerre des Roses entre deux dynasties, la sienne et celle des Tudor. Et c’est ces derniers qui l’emportent, tuant au passage notre roi. Le corps du dernier Plantagenêt aurait été alors trainé dans les rues de la ville de Leicester. La suite est floue. Personne ne sachant vraiment s’il a été enterré, et si oui, où. En revanche, les Tudors accédant au pouvoir ont largement contribué à faire entrer Richard III dans la postérité. Comme tyran ! Une version de l’histoire immortalisée par Shakespeare, mais que réfutent les historiens. C’est d’ailleurs encore le dramaturge qui a rendu Richard III bossu et lui a attribué la célèbre phrase : "mon royaume pour un cheval". A en croire les experts de Leicester, la colonne déformée du squelette ne présente pas de bosse. Juste une scoliose. Les acteurs de théâtre vont devoir revoir leur jeu !
La dépouille du souverain devrait être inhumée dans la cathédrale de Leicester. C’est ce qu’a affirmé l’université de la ville. Pourtant, deux autres lieux avaient été évoqués par le passé : la cathédrale de York et l’abbaye de Westminster à Londres. Pas sûr que le souverain ne trouve le repos, ni ne soit réhabilité tout de suite.